Blood car
Là au moins on attaque un marché qui a du potentiel
Imaginer une voiture dont le moteur ne fonctionne pas grâce à une quelconque énergie fossile ou verte, mais simplement au sang. Le truc génial c’est que ce sont les bouchers qui vont devenir aussi riches que des émirs. Et puis plus besoin de se trimballer un bidon rouge tout moche, la belle mère fera l’affaire en cas de panne sèche. Imaginez les longs trajets avec les gosses, “le premier qui parle passe dans le réservoir “. Ca fait toujours plus sérieux que les “le premier qui parle est privé de bonbons pendant une demi-heure ” qu’hurlait ma môman lorsque nous étions dans les bouchons sur l’autoroute du sud.
D’ailleurs si seulement j’avais eu un lecteur DVD dans la voiture, j’aurais déjà commencé ma lourde tâche que -Dieu- m’a envoyée un jour par e-mail : tu critiqueras tous les films surtout les mauvais. C’est un peu mon onzième commandement que personne n’a remarqué à cause de la poussière.
Enfin bref, aujourd’hui j’ai eu de la chance, car Blood car est bon film. Et j’irais même jusqu’à dire un très bon film. C’est vrai, il ne le mérite pas tout à fait, mais vu la qualité de ce qui sort en ce moment, il faut bien que j’embellisse un peu. Je m’égare.
Bob est maitresse dans une petite école américaine, et le soir dès qu’il rentre chez lui, il travaille sur son projet secret : la voiture qui fonctionne à l’herbe. (Non les gars, pas l’herbe qui se fume, la vraie de vraie, celle qu’on marche dessus avec les pieds nus et que ça fait des guillis) Et il va se fournir en jus d’herbes chez une charmante brune à lunettes et au regard niais qui tiens son échoppe juste en face d’une catin qui vend de la viande (la sienne pour ceux qui n’auraient pas compris la fine allusion).
Et Bob ne rêve que d’une chose se faire une salade paysanne avec les deux coquines. Et puis là pif paf poum du même hasard qui pousse un vrai scientifique en combinaison fluo à crier sur tous les toits qu’il a trouvé la grande théorie unifiée, Bob invente le moteur qui tourne au sang. Ah oui le truc important que je n’avais pas noté sur ma fiche c’est-ce que tout ce merdier ce déroule dans le futur et que l’essence coute 30 dollars au litre. (Si on projette le ratio prix US par rapport au prix en France, le même litre serait à 150 euros. Ça fait plaisir. Milles boules pour un litron d’essence alors que le ricard est à la quinzaine)… Bref tout ça pour dire que le gouvernement américain est bien évidemment sur le coup et mène son enquête.
Ce film a été réalisé par des étudiants au cinéma. Enfin, j’espère que ce n’est pas un vrai monsieur qui pense faire correctement son travail. Mais ça ne rend pas trop mal, pas d’effets spéciaux si ce n’est les grandes giclettes de ketchup toutes les 3 scènes. Bref, c’est un film minimaliste, mais non dénué de sens.
Les acteurs sont loin d’être dégueulasses, et la première scène est tout simplement venue d’un autre monde. De même que le scénario. C’est d’ailleurs pour ces raisons que je vous invite fortement à aller voir ce film.