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Alors que la crise pandémique s’aggrave, la jeunesse cubaine trouve du réconfort dans la communauté d’ascendance africaine

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Matanzas (Cuba) (AFP) – Cinq jeunes hommes aux yeux bandés s’agenouillent devant un prêtre qui bénit dans la langue yoruba d’Afrique de l’Ouest, tout en s’engageant à être courageux, respectueux et bon pour leur communauté.

Mais ce spectacle n’a pas lieu en Afrique de l’Ouest : c’est Cuba, et les cinq jeunes hommes ici se convertissent à Abakua, une pratique spirituelle typiquement cubaine.

Face aux difficultés économiques et à la pandémie de Covid-19, de nombreux jeunes Cubains se sont tournés vers la religion, notamment l’Abakua, un système de croyances qui est né comme une confrérie pour protéger les Africains asservis à La Havane il y a près de 200 ans.

« Avec ce problème de pandémie, nous avons beaucoup grandi, nous avons beaucoup » de nouveaux fidèles, a déclaré à l’AFP le chef religieux Juan Ruiz Ona.

La religion partage des traits avec Santeria, Palomonte et d’autres dénominations populaires latino-américaines d’ascendance africaine et des influences de différents systèmes de croyance.

Mais alors que les deux autres sont pratiqués dans toute la région, Abakua est exclusif à Cuba.

Au temple Efi Barondi Cama à Matanzas, à 100 kilomètres (60 mi) à l’est de La Havane, l’Una est le Yamba – le deuxième plus haut fonctionnaire.

La cérémonie d’initiation spéciale pour les jeunes qui se tient ici est ouverte uniquement à la famille Abakuas et à leurs invités.

La personne endossant le rôle d’Ireme – ou du petit diable – frotte les corps des nouveaux disciples sur des poulets dans le cadre d’un rituel de purification, avant de les laisser entrer dans l’espace sacré où se déroule le rituel secret.

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Dansant sur un tambour rythmé, Ireme représente la présence des ancêtres.

« Soutenir nos frères »

Il a toujours été difficile de devenir un Abaqua, et les règles secrètes imposées aux fidèles étaient très dures.

Il existe environ 130 confréries Abacoa à Cuba, entièrement composées d’hommes hétérosexuels.

Akapua Irim – Le Petit Diable – danse lors de la cérémonie d’assermentation au Temple Efe Barundi Kama à Cuba Yamil LAGE AFP

Les sœurs sont appelées « pouvoirs », « jeux » ou « plantes ».

Au fil du temps, les groupes ont perdu leur manteau de secret, mais pas leurs principes stricts, comme le soutien des frères dans la foi.

« Pendant cette pandémie (…) nous avons essayé de soutenir nos frères, malgré la mort de certains, d’autres malades, et nous avons rendu visite et aidé les autres », a déclaré Ruiz.

Comme beaucoup de Cubains, certains croyants ont émigré et envoyé de l’argent chez eux pour aider leur fraternité.

« Nous sommes une institution constructive, contribuant à notre révolution et à notre jeunesse », a ajouté Ruiz, un fervent partisan du régime communiste de cette nation insulaire.

Le Dean Abaqua, 200 ans, à Cuba n'est ouvert qu'aux hommes hétérosexuels qui doivent suivre un code de conduite strict
Le Dean Abaqua, 200 ans, à Cuba n’est ouvert qu’aux hommes hétérosexuels qui doivent suivre un code de conduite strict Yamil LAGE AFP

À la suite de la révolution socialiste de 1959, le gouvernement s’est déclaré athée, mais après la chute de l’Union soviétique – le principal soutien du régime – Cuba est devenue en 1990 un État officiellement laïc, bien qu’à majorité catholique.

Les sociologues estiment que 85 pour cent de la population de 11,2 millions d’habitants se considèrent comme croyants – mais pas nécessairement ceux qui pratiquent leur foi – d’une religion, souvent dans des confessions qui combinent le catholicisme avec les croyances africaines.

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