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Je n'ecris pas ces immondes critiques de cinéma

Québec a annulé une usine de GNL qui devait transporter du gaz naturel de l’Ouest canadien vers les marchés d’outre-mer

Le gouvernement du Québec a refusé d’approuver la construction d’une installation de gaz naturel liquéfié (GNL) à Saguenay, au nord de Québec, après des années d’opposition de citoyens, de communautés autochtones et d’experts en environnement.

La décision, annoncée mercredi par le ministre de l’Environnement Benoit Charette, tue en fait un projet de 14 milliards de dollars qui aurait transporté du gaz naturel de l’ouest du Canada via le Québec jusqu’au port de Saguenay, puis l’aurait expédié vers les marchés d’outre-mer.

Le gouvernement du premier ministre François Legault était d’abord partisan du projet qui, il l’espérait, diversifierait l’économie dans une région largement dépendante des industries de l’aluminium et de la foresterie.

Mais le gouvernement a également fixé trois critères pour l’approbation de l’installation de gaz naturel : elle devait aider à la transition vers des formes d’énergie plus vertes, réduire les émissions de gaz à effet de serre et obtenir un soutien public adéquat.

Sharett a déclaré qu’une analyse de son ministère a déterminé que le projet Énergie Saguenay ne pouvait pas répondre aux deux premiers critères. Les fonctionnaires du ministère n’ont pas pris la peine d’analyser le troisième.

«C’est un projet avec plus d’inconvénients que d’avantages», a déclaré mercredi le ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charette, comparaissant ici en novembre 2020. (Paul Chiason/La Presse Canadienne)

“C’est un projet avec plus d’inconvénients que d’avantages”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Sagueni.

Le gouvernement de Legault s’est réuni quelques heures plus tôt pour finaliser la décision de ne pas soutenir la construction de l’installation.

Le projet de 14 milliards de dollars consiste en un plan de construction d’un gazoduc de 780 kilomètres entre le nord de l’Ontario et Saguenay, et un projet distinct pour la construction d’une usine de liquéfaction de gaz à Saguenay et son chargement sur des pétroliers.

La décision de mercredi ne concerne que l’usine de GNL, mais Sharett a reconnu que sans l’usine, il est peu probable que le pipeline avance non plus.

GNL Québec, l’entreprise à l’origine du projet Énergie Saguenay, a déclaré dans un communiqué qu’elle était « déçue et surprise » par l’annonce et qu’elle évalue la suite à donner.

Sharett admet la déception potentielle en Occident

Le gaz naturel pourrait provenir de l’Ouest canadien, principalement des opérations de fracturation hydraulique en Colombie-Britannique et en Alberta. Sharett a dit qu’il s’attend à ce que beaucoup là-bas, surtout en Alberta, soient déçus de la décision du Québec.

Mais il a souligné que le Québec n’était pas la seule juridiction au monde à porter un regard critique sur les projets de ressources naturelles.

“Nous disons à nos amis albertains : ‘Travaillons ensemble sur d’autres types de projets, sur des projets plus propres'”, a-t-il déclaré.

L’enthousiasme initial du gouvernement du Québec pour le projet devient difficile à maintenir alors que les principaux bailleurs de fonds se retirent et que les préoccupations environnementales grandissent.

En mars, l’agence indépendante d’examen environnemental du comté a publié un rapport critiquant les projets de construction d’une usine et d’un terminal extracôtier à Saguenay.

L’agence a conclu que le projet était susceptible d’augmenter les émissions de gaz à effet de serre du Canada de huit millions de tonnes par an.

Une pancarte de Greenpeace indiquant « No GNL » est suspendue à un immeuble en construction à l’Université de Montréal en octobre 2020. Énergie Saguenay, un projet de GNL Québec, a suscité une opposition importante de la part des groupes environnementaux. (Graham Hughes/La Presse Canadienne)

Le mois dernier, les agences environnementales fédérales ont déterminé que le projet, qui impliquera de grands pétroliers traversant la rivière Sagueni, menaçait les bélugas.

La semaine dernière, trois communautés Inoue se sont engagées à s’opposer au projet en raison de son impact environnemental négatif.

« Nous avons signé une entente de coopération avec le promoteur il y a plusieurs années, mais avec le temps, nous nous sommes rendu compte que le projet n’était pas respectueux de l’environnement », a déclaré mercredi Martin Dufour, président du conseil d’administration de la bande Essipit Innu.

“C’était une décision facile car le projet allait à l’encontre de nos valeurs concernant les animaux et l’environnement.”

Autres promesses du ministre des investissements à Sagunai

Mais pour le milieu des affaires du Saguenay, la décision du gouvernement était une pilule amère à avaler, surtout après avoir appuyé publiquement le projet pendant si longtemps.

Sharett était accompagné en conférence de presse mercredi par André Laforest, ministre responsable de la région du Saguenay.

“Je ne voulais pas fuir les mauvaises nouvelles”, a déclaré LaForest, qui a été l’un des plus fervents partisans d’Energy Sagueni.

LaForest a promis d’autres investissements majeurs dans les industries locales de l’aluminium et de la forêt. Elle et Sharett ont essayé de s’assurer que leur gouvernement reste réceptif à d’autres opportunités de développement importantes.

“Nous avons cru au projet de GNL Québec, a-t-elle déclaré. Le gouvernement y a été très ouvert. Nous continuerons d’être ouverts aux projets ambitieux.”

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